A peine assise sur la banquette, l’odeur de l’essence mêlée à la chaleur du moteur me sautait subitement à la tête et devenait pour moi le plus enchanteur des parfums. Cet instant était la première magie des vacances.
Avant le premier tour de roue, j’étais déjà en voyage et presque arrivée dans l’univers extraordinaire des Massons. Cela se passait il y a un demi-siècle, dans ce hameau niché au creux d’un vallon sauvage, à mi-pente entre la plaine du Forez et l’Auvergne.
Dans ce « trou », à la croisée de chemins de terre mais à l’écart des routes goudronnées, l’eau était la maîtresse des lieux. Elle dévalait la pente rude en cascades, en rivières ou en ruisselets et son bruit envahissait tout l’espace. Ainsi, l’ardeur infatigable du Vizézy faisait tourner la scierie, les meules du moulin à farine et de l’huilerie et même la baratte de Philomène. Cet univers m’enchantait.
A cette époque-là, l’échange entre adultes et enfants se passait souvent de mots. Qu’importe, j’avais tout le loisir d’observer et parfois de participer aux multiples activités. Si des questions me venaient, aussitôt je m’inventais des réponses merveilleuses à la mesure de mes rêves…
Janine Tissot |